Monsieur le Président, Cher-e-s collègues,

Par la présente délibération, vous proposez un petit élargissement de la tarification solidaire sous la forme d’un assouplissement de la condition relative à la recherche d’emploi, qui ne se limiterait plus à l’inscription à Pôle emploi. En rendant ainsi la tarification solidaire accessible à des personnes accompagnées notamment par les acteurs associatifs du territoire, l’agglomération assume un peu mieux sa responsabilité sociale à l’égard des plus vulnérables. Nous approuverons donc ce bordereau.

Pour autant, le caractère solidaire de la tarification des transports en commun sur notre agglomération nous semble nettement insuffisant. D’une façon générale, il s’agit d’une tarification au statut (scolaire, étudiant, 26-64 ans, retraité…) qui ne prend pas en compte les disparités sociales et financières.

Mais alors que le taux de pauvreté dépassait les 20% à Vannes avant la crise, soit plus d’un Vannetais sur 5 qui vit sous le seuil de pauvreté, les derniers mois ont vu nombre de nos concitoyens tomber dans une précarité chaque jour plus sévère. Et les mois qui viennent s’annoncent tout aussi durs, si ce n’est encore davantage, en particulier pour les familles monoparentales, les travailleurs précaires et les jeunes.

Dans ce contexte, et nous n’oublions évidemment pas l’urgence climatique, le service public de la mobilité doit être considéré comme un bien essentiel, pour la recherche d’emploi certes, mais aussi pour le travail, pour faire valoir ses droits, pour accéder aux soins, pour permettre aux plus jeunes de se réaliser pleinement…

Plus que jamais, nous devons travailler non pas sur une tarification solidaire à la marge mais au caractère équitable de l’ensemble de l’offre tarifaire. Il n’est ainsi pas compréhensible que les plus de 65 ans payent deux fois moins cher leur abonnement que les -26 ans, alors que le revenu médian des retraités est supérieur à celui des jeunes actifs. Mais, de la même façon, il n’est pas juste que les retraités les plus aisés bénéficient du même tarif que les personnes bénéficiant du minimum vieillesse. 

Il n’y a pas si longtemps, certains proposaient la gratuité des transports en commun. L’impact de la crise sur les finances publiques conduira peut-être à reconsidérer cette promesse ou du moins son calendrier de réalisation. Mais nos concitoyennes et concitoyens, tout comme les élus qui les représentent, ont besoin de perspectives sur ce sujet. Des mesures intéressantes ont été mises sur la table comme la gratuité le samedi, la gratuité pendant la période d’essai d’un contrat de travail ou encore la généralisation des quotients familiaux pour garantir la progressivité sociale des tarifs.

Nous espérons donc que vous engagerez au plus vite une réflexion partagée avec les élus communautaires et communaux afin que notre agglomération assume pleinement et justement sa responsabilité sociale en matière de mobilités.

Simon Uzenat

Consulter l’intervention ci-après et en vidéo (à partir d’1min37).