Monsieur le Préfet,

Dans le cadre de la mise en place du deuxième confinement pour l’année 2020, l’annonce de certaines mesures gouvernementales en matière économique suscite une incompréhension parfaitement légitime.

Alors que les crises sanitaire, sociale et économique s’entrechoquent, la multiplication des attentats terroristes perpétrés par des islamistes radicaux éprouve, quant à elle, durement les piliers de notre République. Dans cette période particulièrement chaotique, la définition même du caractère essentiel de certains commerces, et partant l’existence supposée de commerces non essentiels, est porteuse de nombreuses menaces pour l’emploi local, pour la vitalité de nos territoires et pour le renforcement des valeurs républicaines.

Alors que les pouvoirs publics en général et le Gouvernement en particulier ne cessent de communiquer sur la promotion des circuits courts et la défense des entreprises de proximité, comment accepter ce qui revient à une distorsion de concurrence en faveur des grands groupes et des plateformes numériques pratiquant l’évasion fiscale ?

Alors que le Gouvernement demande, et à raison, de défendre ardemment les principes et les valeurs de la République, dont la laïcité et la liberté d’expression, comment accepter que les médiathèques soient fermées et que les librairies ne puissent vendre des livres ? Il est à cet égard curieux que la réaction du Gouvernement à l’inégalité manifeste de traitement entre les libraires et les grandes surfaces conduise de fait à interdire la vente de livres, faisant par ailleurs le jeu des grandes plateformes numériques.

Alors que l’État engage des milliards d’euros pour revitaliser les centralités urbaines dans le cadre du programme « Action Coeur de Ville » (et dont Vannes est bénéficiaire), comment accepter que les mesures gouvernementales de confinement fragilisent au premier chef les commerces des centres-villes ?

Alors que le Gouvernement revendique une action publique éco-responsable, comment accepter que les achats en grande surface ou sur Internet, beaucoup plus émetteurs de gaz à effet de serre, soient ainsi favorisés au détriment de notre planète ?

Alors que le Gouvernement revendique l’exemplarité en matière de gestion budgétaire, comment comprendre que des commerces soient mis sous perfusion d’argent public alors que leur ouverture permettrait de générer du chiffre d’affaires grâce à leur activité ?

Nous avons pris connaissance des arrêtés municipaux, signés par de nombreux Maires de notre pays, visant à autoriser « l’ouverture des commerces non-alimentaires jusqu’à ce que l’égalité de traitement soit rétablie » entre les supermarchés et hypermarchés et les commerces de proximité. Cet appel au service de l’intérêt général doit absolument être entendu par l’État qui dispose du pouvoir d’autoriser effectivement ces ouvertures dans le plus strict respect des règles sanitaires.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Préfet, de bien vouloir agir pour rendre possible l’ouverture des commerces de proximité n’impliquant pas le retrait du masque. Les mois qui viennent de s’écouler l’ont démontré : nos commerçants sont scrupuleux et exemplaires dans l’application des règles sanitaires. Au besoin, le renforcement de la présence policière, en lien avec la police municipale, permettrait de sanctionner toute éventuelle dérive.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma très haute considération.

 

Simon Uzenat

Conseiller municipal et communautaire de Vannes

Porte-parole du groupe « Libérons les énergies vannetaises ! »

 

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