Tribune Vannes Mag n°131 – nov./déc. 2021

Lors du conseil municipal du 11 octobre, le Maire et son équipe ont demandé le vote d’une enveloppe financière de 2 millions d’euros pour l’extension et la remise à niveau du système existant de vidéosurveillance. Avec 68 caméras supplémentaires, dont certaines mobiles, la ville comptera près de 180 caméras à l’horizon 2025, soit une caméra pour moins de 300 habitants.

Pour notre part, nous avons toujours considéré que la vidéosurveillance n’était qu’un outil et pas une fin, encore moins une solution magique. Mais l’utilisation d’un outil réclame plusieurs conditions préalables qui ne sont pas réunies.


Aucune information permettant de justifier cette dépense et d’éclairer le vote des élu·e·s n’a été fournie. Le Maire évoque régulièrement des études de la police nationale en affirmant que la vidéosurveillance conduit à une diminution de la délinquance et à l’absence de report sur les zones non-vidéosurveillées. Nous lui avons demandé à de très nombreuses reprises de communiquer ces études, comme la convention de coordination police nationale/police municipale ou encore le projet de service de la police municipale mais il a toujours refusé et s’obstine sur la voie de l’opacité.


Le rapport de la cour des comptes d’octobre 2020 sur la vidéosurveillance est pourtant édifiant concernant le coût et l’efficacité de la vidéosurveillance. S’agissant du coût d’installation, la cour pointe des écarts de 1 à 5, entre 5.000 et 25.000€ par caméra. À Vannes, avec 1,2 million pour 68 caméras, nous arrivons à plus de 17.000€ par caméra, sans même savoir si ce coût intègre la maintenance sur la durée de l’autorisation de programme. En matière d’exploitation du système de vidéosurveillance, la cour des comptes rappelle qu’il faut un opérateur pour 12 caméras, ce qui ferait donc 15 agents à Vannes entièrement dédiés à la vidéosurveillance à l’horizon 2025, une dépense non chiffrée à Vannes. Surtout, la cour rappelle que « aucune corrélation globale n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation ».


De surcroît, le comité d’éthique n’a pas été renouvelé depuis le début de ce mandat et n’a plus de président depuis janvier 2020. Or, il s’agit bien d’une instance centrale pour contrôler et rassurer quant à l’utilisation de ces outils de vidéosurveillance. Il doit se réunir une fois par trimestre et formuler chaque année des avis et des recommandations, ce qui n’est plus le cas depuis deux ans. Son président a démissionné après avoir alerté plusieurs fois sur le manque de collaboration entre le comité et les services de la ville, sur la difficulté voire l’impossibilité de consulter des documents relatifs à la sécurité à Vannes.


Pas d’information sur l’efficacité de la vidéo-surveillance, pas d’information sur la dépense annuelle consolidée, pas d’information sur l’articulation avec la politique locale de sécurité, absence de réunion du comité d’éthique… Au regard de tous ces éléments, nous avons considéré que les élus ne disposaient pas des informations nécessaires pour émettre un avis éclairé. Nous avons donc refusé de participer au vote. Et nous redisons que la priorité absolue demeure la présence humaine. Pas celle derrière des écrans, mais celle sur le terrain, au plus près des habitants, comme à Kercado où le poste de police a été fermé sans concertation et en dépit des engagements pris par le Maire.


Simon Uzenat, Laëtitia Dumas, Christian Le Moigne, Sandrine Berthier, Franck Poirier

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